Samedi 18h place Cathédrale: c'est à bord de la Pandemoniumobile que notre périple commence... Première rencontre avec le ( très ) sympathique Christophe ( que je ne connais alors que via quelques messages sur un forum ), nous partons vers Herk-De-Stad, direction l'un des plus vieux festival de Belgique: le Rock Herk. Pour ma part, c'est la première fois que j'en entend parler mais plusieurs facteurs donnent fort envie de s'y rendre:
- Le festival se déroule à à peine 45 minutes de chez nous.
- Il est entièrement gratuit ( il va falloir qu'on m'explique comment c'est possible ).
- Un nom sur l'affiche se détache: The National, dont le petit dernier, Boxer, est une merveille.
- À ce nom alléchant viennent se greffer ceux de 65daysofstatic, Archie Bronson Outfit et The Datsuns... la deuxième scène nous intéresse peu, nions-la.
C'est donc affublé de mes ridicules ( et douloureuses ) vieilles Doc Martens bleues ( probable boue oblige ) et accompagné de ce gentil géant qu'est Pandemonium que je pose pied en terre flammande. Première réflection: il va falloir avoir honte et demander son chemin en français ( plus tard, au bar, je me fendrais d'un "
Een mazoet en een pintje" avec un accent à faire s'envoler le noeud papillon d'Helmutt Lotti ). À peine arrivés, rencontre de deux liégeois, Rastaraf et son amie et découverte du site: extrèmement agréable avec son étang artificiel agrémenté d'un soleil bienvenu.
Le premier concert se fait peu attendre:
65daysofstatic ouvre le bal. Tendu, direct, presque mathématique ( même si les schémas rythmiques se ressemblent souvent - une mesure en 6 suivie d'une mesure en 5 ), les anglais livrent un set qui, au contraire de l'année passée à Dour, ne me surprend pas ( à l'époque, c'était la première fois que les entendais/voyais ). Le coté montagne russe de leurs compos a quelque-chose de convenu:
on vous en met plein la gueule pendant 3 bonnes minutes puis on vous fait un bridge calmos/mélancolique puis on vous remet une couche de grattes à disto dans la tronche et vous nous dites merci-n'en parlons plus mais finalement, on vous recolle un bridge pareil et on termine en apothéose, juste pour vous... hum... surprendre.
Dommage, donc. Mais bien tout de même.
Les deuxièmes à se jetter dans l'arêne pour nous seront
Archie Bronson Outfit. Autant dire tout de suite que j'attendais pas mal de ce concert: je les ai découvert seulement quelques jours avant ce festival et les morceaux entendus sur leur Myspace m'avaient plutôt emballé. Que ces jeunes sots se permettent un certain retard, passe encore mais le son, le son, nom de Dieu, CE SON!!! J'avais plus entendu un mix façade aussi merdeux depuis des années ( ça devait être à une queconque Fiesta Du Rock, et encore ). Du coup: impossible de rentrer dans le truc. Les morceaux qui me promettaient frissons et autres voluptés me semblent tout juste chiant et je commence à tiquer sur le chanteur ( à la tête pourtant immensément sympathique ) : je l'attrappe en flagrant délit d'imitation combinée de Win Butler et de David Byrne, ça ne me quittera plus, ça me pourrira la fin du concert... Déception, donc. Pas trop non plus. Mais légère déception tout de même...
Plat de résistance: on les attend, on n'en peut plus, qu'enfin arrivent
The National. On se colle à la barrière et on attend. Et eux, ils arrivent. Et eux, ils se mettent à jouer. Et eux, ils dessinent des formes sur scène. Et nous, on écoute. Religieusement. Et ce violoniste veut absolument. Et ce batteur a une tronche incroyable ( mélangez Lennon, un Ewok et mon pote Joachim ). Et ce chanteur est un peu barré ( j'aurais la "chance" d'avoir son cul à mon nez pendant quelques secondes quand il se décidera à descendre de scène pour venir nous dire bonjour ). Bref, un concert consistant d'un bout à l'autre avec de TRÈS bons moments d'oubli de soi.
Pour cloturer, on m'a imposé
The Datsuns et leur Hard Rock chevelu. Eux, et ben, ils m'ont saoulé. Un moment, je me suis dit:
les crétins ont trouvé leur musique. C'est que le jeune flammand est pogoteur, voyez-vous. Et il est enclain à jetter sa chope en l'air quand un type crie
Yeeeaaaah dans un micro. C'est la seule manière dont j'aurais été bousculé: les éternels soli de grattes m'auront laissé froid. Seul moment de ( légère ) grâce: ce morceau plus calme joué au Bottle Neck, moment intemporel.
Retour liégeois. Content d'y être allé. Beaucoup plus de positif que de négatif, finalement. Content d'avoir rencontré Pandémonium. Serais attentif à l'affiche de l'année prochaine...